jeudi 23 janvier 2014

Gâchis intensif

Miaou bonjour,

Je m'évertue bien souvent en vain à l'exprimer. Je ne suis pas contre la consommation de viande ! Je suis contre l'élevage intensif, et par extension la surconsommation de viande (et accessoirement la pêche intensive, mais ça n'est pas le sujet ici)
Mes raisons ?



1. Les conditions de vie des animaux. 
Vous vous en fichez peut-être pas mal, mais à mes yeux c'est l'argument qui devrait primer.

Ils sont réduits à l'état d'objets destinés à fournir de la viande. On en oublie qu'ils vivent et disposent de la faculté de ressentir la douleur et le stress. Et qu'on ne me parle pas du cri de la carotte, merci.
Pour reprendre un schéma d'image bien virulent sur le net : 

https://www.google.fr/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1205&bih=721&q=%C3%A9levage+intensif&oq=%C3%A9levage+intensif&gs_l=img.3..0l6j0i24l4.1190.3928.0.4078.16.10.0.6.6.1.286.1176.6j2j2.10.0....0...1ac.1.32.img..4.12.425.0FNNFmoxCNI

Les conditions de mise à mort n'en sont pas moins désastreuses.
Si nos aliments nous montraient ce qu'ils ont vécu avant d'arriver dans nos assiettes, nous serions peut-être plus regardant.



2. Les impacts écologiques. 
De bons vieux graphiques bien sourcés exprimeront peut-être plus clairement les choses que moi.

Dans cet exemple, l'article de lalibre ne s'intéresse qu'au boeuf, mais il reste très parlant. Si comme moi vous vous amusez à faire le calcul, en divisant en Europe notre consommation de boeuf par deux, nous économiserions chaque année :

- 62,5 billions de litres d'eau (soit 62.500 milliards !)

- 109 milliards de kg de CO2

- 145,8 milliards de kg de fourrage
Parcelles que nous pourrions donc réserver à un autre usage, par exemple comme jachère histoire d'améliorer notre système sans avoir à abuser des pesticides et engrais ?

- 26 milliards de graines 
Utilisables alors pour notre propre consommation, ou à envoyer dans les pays qui en manquent, ou tout simplement un espace à réemployer pour une autre activité peut-être ? (Jachère, amélioration des conditions d'élevage, pour ne citer que deux exemples restant dans le domaine agricole.)

Et le tout en permettant aux animaux de disposer de deux fois plus d'espace. C'est-y pas fabuleux ?


Voyons maintenant plus précisément les impacts que peut avoir notre régime alimentaire sur l'effet de serre, avec ce graphique issu d'un article de Viande.info.

Dans un premier temps, on peut voir qu'ils sont loin d'être négligeables. En estimant qu'en une année une voiture lambda parcourt 10.000km, un régime alimentaire omnivore équivaut à la moitié de cette distance en impact équivalent, soit pas loin de 5.000km. (Notons que la nature et les proportions des gaz pris en compte ne sont pas précisées.)
On constate très vite l'importance de l'élevage intensif. En retirant de notre alimentation les produits carnés, nous réduisons notre impact de 50%. Et en supprimant les produits laitiers, nous divisons ce chiffre par 4 ! (Notons cette fois que la prise en considération des œufs ou non n'est pas précisée.)
Il aurait été intéressant de comparer avec des chiffres estimés si nous pratiquions exclusivement l'élevage extensif, mais je n'ai pas été en mesure d'en trouver. Je pense cependant que l'impact du régime omnivore serait bien moindre.


Je pourrais également m'étendre sur la pollution de l'eau et des sols, ou l'encouragement à la déforestation (bien que cette dernière raison soit moins d'actualité en Europe), mais je n'ai pas trouvé de graphique choupi pour illustrer ça. Je vais donc vous pondre un nouveau :

L'eutrophisation, c'est vert mais c'est pas écolo !



3. Les impacts économiques
Parce que même si j'aime pas trop ça, il faut parfois savoir parler pépettes.


Certains arguments de la partie précédente avaient également un poids économique non négligeable. Intéressons-nous par exemple plus précisément à la production céréalières, avec ce graphique issu d'un article Du Monde Diplomatique, dont les chiffres viennent de la FAO.

La consommation de céréales de l'élevage représente plus de 2/3 de celle de toutes nos autres utilisations confondues. Ce qui signifie qu'en réduisant l'élevage de 50%, nous disposerions d'1/3 de notre consommation de céréales en surplus.
Nous pourrions alors décider de nous en servir autrement (pourquoi pas en les mettant à disposition des personnes dans le besoin, ici ou ailleurs ?), ou de ne pas les cultiver et réemployer les espaces libérés pour d'autres activités, telles l'élevage, la jachère, la naturalisation,... Ainsi que je l'ai déjà précisé plus haut, mais je trouvais ça intéressant de comparer ces chiffres à notre propre consommation.


Encore une fois, je pourrais citer les dégâts causés aux sols et à l'eau, et les problèmes associés.



4. Les conséquences sanitaires.

Dans un premier temps, au niveau de l'élevage, l'utilisation abusive de médicaments sur une quantité d'individus entassés encourage le développement de microorganismes résistants. Ceux-ci peuvent être à l'origine d'épidémie chez les animaux concernés, mais également chez l'homme, d'autant plus que la contamination n'est pas systématiquement limitée au contact.

Ensuite, manger trop de viande est mauvais pour la santé humaine. Une consommation abusive encourage la production de cholestérol et augmente les risques de maladies cardio-vasculaires, pour ne citer que les deux conséquences les plus représentées et avérées.



5. Le gâchis.
C'est le plus triste, le plus risible, le plus ridicule et le plus aberrant.

Chaque année, un français jette 20kg d'aliments encore consommables. Je n'ai cependant pas trouvé les chiffres concernant spécifiquement la viande, qu'il s'agisse du gâchis individuel ou de celui des organismes de vente.

C'est sans compter les mortalités constatées avant l'abattage, chiffres précis difficiles à trouver. Pour ne citer qu'un exemple, le taux de mortalité des lapins en élevage intensif dépasse les 25%. Plus d'un quart des bêtes meurent avant l'age prévu, et sont donc jetées... Un quart d'animaux malmenés pour rien. Un quart de dégâts écologiques, de pollution de l'eau et des sols, de production de gaz à effet de serre... Pour rien...

Oh, et puis, allons-y gaiement.
http://www.charliehebdo.fr/news/poules-pondeuses-martyres-417.html

Amèrement mienne, 
Lysemna

3 commentaires:

  1. Merci pour cet argumentaire !
    Si certains végétariens passaient plus de temps à écrire ce genre de choses, plutôt qu'à se victimiser (genre, comme l'article de ton dernier lien :D), trouver des insultes risibles pour moraliser les gens ("espèce de charognard !") ou s'inventer un doctorat en nutrition en répétant toutes les sottises qu'ils lisent sur Internet du moment que ça va dans leur sens ("mais RENSEIGNE TOI !" (moi je sais mieux que tout le monde, c'est écrit sur un site de libération animale, voilà voilà)), bah, le végétarisme ne s'en porterait que mieux. :p

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  2. Ce n'est pas le végétarisme qui doit se porter mieux. Il s'agit plutôt de comprendre le message transmis et de décider pour soi ce qu'on souhaite faire (conserver ses habitudes, réduire sa consommation de viande ou la supprimer). Même si certaines personnes ont un discours plutôt incisif, leur discours n'en est pas moins sensé. Je dis qu'il faut plutôt essayer avant de tirer des conclusions et suggérer quoi faire pour que "le végétarisme se porte mieux"

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